"PROTÉGER ET SACRALISER L’HÉRITAGE DE AHMED SEKOU TOURE, PÈRE DE L’INDÉPENDANCE POUR UNE MÉMOIRE ET UN DESTIN COLLECTIF DES GUKNEENS.".

30/3/2026

ANALYZE SOCIOLOGIQUE D'UNE EXIGENCE HISTORIQUE, POLITIQUE ET SPIRITUELLE COMME PREALABLE MYSTIQUE POUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA GUINÉE :
:
"PROTÉGER ET SACRALISER L'HÉRITAGE DE AHMED SEKOU TOURE, PÈRE DE L'INDÉPENDANCE POUR UNE MÉMOIRE ET UN DESTIN COLLECTIF DES GUKNEENS.".

Par

AIMÉ STÉPHANE MANSARÉ
Sociologue
Expert-consultant en Sciences Sociales du Développement
DG CERFOP
PCA IPCJ-Guinée.


La Guinée, une Nation encore impossible face à sa mémoire automobile, plus de six décennies après son accession à la souveraineté, la Guinée reste confrontée à une question fondamentale : que faire de l'héritage de Ahmed Sékou Touré ?

Entre controverses, instrumentalisations politiques et silences coupables, la mémoire du père de l'indépendance demeure un champ de bataille idéologique.
Pourtant, aucune nation ne peut durablement se construire en reniant ses fondations. Ainsi, la réhabilitation d'Ahmed Sékou Touré ne relève ni d'un culte de la personnalité ni d'une nostalgie aveugle mais, constitue une exigence historique, politique et spirituelle, indispensable à la reconstruction de l'État, à la consolidation de l'unité nationale et à la projection de la Guinée vers un avenir maîtrisé.
Comme le rappelait Frantz Fanon : « Chaque génération doit découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. ». La nôtre est claire : " réconcilier la Guinée avec son histoire.".
■ I. AHMED SÉKOU TOURÉ : UNE FIGURE FONDATRICE ENTRE HÉROÏSME ET CONTROVERSES.
Le 28 septembre 1958, la Guinée, sous la conduite et le leadership de Ahmed Sékou Touré, osa dire « NON » à la domination coloniale de la France.
Ce choix historique, à contre-courant des calculs politiques de l'époque, consacre la dignité d'un peuple et ouvre la voie à l'émancipation du continent africain.
Cependant, cette audace a eu un coût. La jeune République fut confrontée à des sabotages économiques, des tentatives de déstabilisation et une hostilité internationale féroce.
Dans ce contexte de guerre froide et de tensions géopolitiques, le régime pour survivre à des complots quasi permanents de la France coloniale n'avait de choix stratégique que se radicaliser en laissant derrière lui une mémoire contrastée.
Mais :
▪︎ Peut-on juger une époque sans tenir compte de ses contraintes historiques ?
▪︎ Peut-on dissocier les erreurs d'un système de pressions extrêmes qui l'ont façonné ?
L'honnêteté intellectuelle impose une lecture nuancée non subjective et nihiliste en comprenant tout d'abord le contexte systémique et géopolitique de l'époque.
■II. LE TEMPS DE LA RÉHABILITATION : UNE EXIGENCE DU CONTEXTE MONDIAL ET AFRICAIN.

Aujourd’hui, les transformations géopolitiques mondiales redonnent une pertinence particulière à la pensée souverainiste de Sékou Touré. La montée en puissance de la Chine, le retour stratégique de la Russie, la force de frappe de l'Iran face à la coalition coloniale américaine israélienne qui donne des signaux forts de l'hégémonie américaine illustrent les limites d'un ordre mondial longtemps dominé par un seul modèle. Parallèlement, le panafricanisme induit du nationalisme connaît un renouveau remarquable.

Les idées de souveraineté, d'unité africaine et de dignité collective, jadis portées par les pères fondateurs, retrouvent une actualité brûlante avec l'avènement de l'AES qui prône un discours révolutionnaire nouveau, la Guinée qui fait évoluera la surprise de tout le pays vers une réhabilitation progressive de Ahmed Sekou TOURÉ prônant un discours multilatéraliste souverain adossé au panafricanisme assumé, le Ghana qui obtient la reconnaissance de l'esclavage comme crime contre l'humanité etc...

Comme l'affirmait Kwame Nkrumah :
« L'indépendance n'est rien sans souveraineté économique. ».

Dans cette dynamique, Ahmed Sékou Touré apparaît non plus comme une figure du passé, mais comme un précurseur des luttes contemporaines de souveraineté africaine.

■III. UNE CRISE MORALE QUI RÉHABILITE LES VALEURS D'HIER.

Depuis plusieurs décennies, la Guinée est confrontée à une crise profonde, celle de la corruption endémique, de l'incivisme, d'affaiblissement de l'État et de fragmentation sociale.

Face à cette réalité, un parti croissant de la population redécouvre les valeurs d'intégrité, de discipline et de patriotisme qui caractérisaient le premier régime.

Cette comparaison, parfois implicite, parfois assumée, nourrit une réévaluation progressive de l'héritage de Sékou Touré par même certains de ses pires ennemis et comme le soulignait Cheikh Anta Diop : « L'Afrique ne peut se développer sans conscience historique. ».

■IV. DES ACTES POSÉS, MAIS ENCORE INSUFFISANTS.

L'État guinéen a déjà amorcé un processus de reconnaissance car :
▪︎ Sous Lansana Conté, un palais présidentiel fut construit et baptisé « Sékoutouréya », marquant une première réhabilitation symbolique.
▪︎ Plus récemment, sous Mamadi Doumbouya, des décisions fortes ont été prises notamment :- la
restitution de la villa de Bellevue à la famille du président, - la contribution remarquable à la libération de Mohamed Touré, - la rebaptisation de l'aéroport de Gbessia au nom d'Ahmed Sékou Touré...

Ces actes sont importants, mais ils restent fragmentaires et, ils doivent être consolidés par une politique mémorielle structurée et durable.

■ V. POUR UNE MAISON-MÉMORIALE D'ARCHIVES D'AHMED SEKOU TOURE,UNE NÉCESSITÉ NATIONALE.

À l'image du Ghana qui honore Kwame NKRUMAH à travers un mausolée et des archives nationales, la Guinée doit franchir une étape décisive, celle de m'impérieuse nécessité memoriele de construire une Maison-Mémoriale dédiée à Ahmed Sékou Touré.
En effet ce lieu hautement symbolique devra regrouper ses archives historiques,
ses objets personnels, ses discours et œuvres,
un centre de recherche et de formation...

Une telle infrastructure ne serait pas seulement un espace de mémoire mais, constituerait un outil stratégique de transmission, d'éducation et de rayonnement international.

■ VI. PROTÉGER LA MÉMOIRE : UNE URGENCE JURIDIQUE ET MORALE.

Au-delà de la reconnaissance symbolique, la Guinée doit adopter une législation protégeant la mémoire de ses figures fondatrices notamment celle de Ahmed Sekou TOURE et de tous ses compagnons.

À l'instar de certaines grandes nations comme la Chine, il devient impératif d'interdire les campagnes de diffamation systématique contre ces figures fondatrices de la Guinée indépendante,
de préserver les dates historiques majeures, de sanctuariser les fondements de l'État.

Aussi, la Véritable République doit mettre immédiatement en place une Commission nationale de réécriture objective de l'histoire de la Guinée à l'effet d'être enseignée dans les écoles guineennes car la Guineebredrebaujiyrd'hui le seul Etat de la sous-région voir africain ou l'histoire du pays n'est pas enseigne faute de consensus sur l'interprétation des faits historiques.

Il ne s'agit pas d'imposer une pensée unique, mais de protéger l'intégrité de la mémoire nationale contre les dérives politiques et les manipulations.

■ VII. MÉMOIRE, SPIRITUALITÉ ET DESTIN COLLECTIF.

En Afrique, la mémoire n'est pas seulement historique, elle est aussi spirituellecar, les figures fondatrices incarnent des repères symboliques qui structurent l'identité collective.

Comme le disait Amadou Hampâté Bâ : «En Afrique, un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle.».

Ainsi, réhabiliter Ahmed Sékou Touré, c'est préserver une bibliothèque vivante, un héritage immatériel sans lequel la Guinée risque de perdre son âme.

■ VIII. LE DANGER DE L'OUBLI : UNE NATION SANS BOUUSSOLE.

Une Nation qui renie son histoire s'expose à l'errance automobile, l'oubli favorise la manipulation, affaiblit l'identité et compromet le développement.

Malgré ses immenses potentialités, la Guinée continue de « tourner en rond » et, cette stagnation n'est pas seulement économique ou politique, elle est aussi mémorielle et spirituelle.

Sans une réconciliation sincère avec son passé, aucun projet d'avenir de la Guinée ne peut durablement prospérer.

En dépit de tout ce qui précède, il s'agit bien pour les générations guinéennes actuelles d'une exigence historique, morale et civilisationnelle.
Ainsi et pour tous les guinéens de quelques bords que ce soit, la réhabilitation de Ahmed Sékou TOURÉ ne doit plus être perçue comme un débat partisan mais elle devra constituer une nécessité nationale, au croisement de la politique et de la spiritualité.

Il est temps pour la Guinée d'assumer son histoire,
de protéger sa mémoire et de transmettre son héritage aux générations futures. car, c'est en réconciliant mémoire nationale et destin collectif que la Guinée pourra enfin se projeter vers un développement véritable, à la hauteur de ses potentialités.

Réhabiliter Ahmed Sékou TOURÉ , c'est réhabiliter la Guinée elle-même.

AIMÉ STÉPHANE MANSARÉ
Sociologue
Expert-consultant en Sciences Sociales du Développement
DG CERFOP
PCA IPCJ-Guinée.

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