L’alerte au détournement conduit 3 journalistes devant le tribunal, mais ils ne sont pas seuls !

10/12/2020

Accusés d’avoir commis «des faits de diffamation sur la personne, l’honneur et la dignité de femme» de la ministre Zénab Dramé alias Zénab Nabayae, 3 journalistes sont appelés à comparaître devant le Tribunal de première instance (Tpi) de Kaloum à Conakry ce mardi 15 décembre à 8 heures.

Ils sont traduits devant la justice en ce jour qui coïncide avec la cérémonie d’investiture de Condé pour un 3e mandat consécutif à la tête du pays. Ils, c’est le collectif des journalistes composé de Youssouf Boundou Sylla coordinateur du site internet Guineenews.org, Moussa Moïse Sylla directeur d’ Inquisiteur.net et Ibrahima Sory Traoré directeur de Guinee7.com.

L’auteure de la plainte s’appelle Mme Zénab Dramé, alias Zénab Nabaya, ministre en charge de l’Enseignement technique et la formation professionnelle. Elle déclare «être accusée et condamnée (à tort) dans une campagne publique de dénigrement délibérée et assumée, déclenchée par un article» paru dans la presse guinéenne. La ministre affirme attendre du procès que ses «détracteurs» brandissent «toutes les preuves des graves accusations portées contre (elle), afin d'édifier la justice et l'opinion publique». Voilà pour l’essentiel du décor.

Au ban des accusés, ce son trois journalistes, mais pas que. Sur le long banc des soutiens de la transparence dans la conduite et la gestion des affaires de la cité, ils ne sont pas seuls. Ils y sont avec plusieurs membres de la presse libre guinéenne. Et pour une raison bien connue: à l’heure des médias sociaux où Monsieur Tout-le-monde porte allègrement la casquette de journaliste sans avoir pris le temps de maîtriser l'un des principes éthiques fondamentaux du journalisme qui est de fournir «des informations exactes et dignes de crédit», les tenants du Quatrième pouvoir en Guinée n’ont de parcelle de pouvoir véritable que celle circonscrite désormais à la publication d’articles de presse critiques ou traitant de la corruption et impliquant la révélation de fonds publics dérobés ou encore d’abus de pouvoir.

C’est cette responsabilité qui reste aux «garants (crédibles) du bon fonctionnement de la démocratie» qui, par ricochet, donne vie et âme à la bonne gouvernance dont a besoin la Guinée pour sortir du gouffre dans lequel il est maintenu depuis des décennies par des clans dictatoriaux habitués à sucer les deniers publics et à s’approprier de l'argent des contribuables avec le soutien de certains gardiens des droits et des libertés fondamentales. Ce procès en diffamation qui débute avec l’investiture de Condé pour un 3è mandat nous en dira certainement plus long à ce sujet.
Par Diallo Alpha
in Le Populaire, No 748 du Lundi 7 décembre 2020
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