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Dans les Kiosques: "En Guinée, l’ethnicisassion tend à remplacer l’action politique" , Dr Koureissy Condé décortique ce phénomène dangereux


13/2/2018

Le directeur exécutif de l’African crisis group et président de la Convention des acteurs non étatiques de Guinée (CANEG) ne cache pas son indignation suite aux violences postélectorales. Dr Sékou Koureissy Condé estime que cela fait suite à un cycle de violences déclenchées depuis 2009 qui s’aggrave progressivement et constitue une réelle menace pour la Guinée. Il dénonce également dans cette interview l’ethnicisation de la politique.
Le Populaire: Les violences postélectorales qui ont éclaté au lendemain des élections communales ont fait 7 morts. Quelle est votre lecture de la situation ?












Dr Sékou Koureissy Condé: Je déplore ces violences et j’appelle au calme et à la responsabilité citoyenne. Le constat est réel et sévère. Nous sommes dans un processus démocratique entassé des faits de violences à tous les niveaux. La violence physique, la violence verbale, la violence même dans l’exercice du processus administratif. Or, un pays ne se développe pas dans la violence, dans l’instabilité. Un pays caractérisé par la violence n’attire personne. Les jeunes sont désemparés et ils doivent se ressaisir. Les jeunes qui jettent les cailloux, ce sont les mêmes qui meurent dans la mer, dans le désert et ou qui sont esclaves en Libye. Nous avons une responsabilité par rapport à notre jeunesse. Il faut recadrer cette jeunesse et engager des mesures générales de sensibilisation et de réinsertion. Il n’y a pas de logique pour dire que ces violences sont liées à la fraude, parce qu’on n’a pas encore les résultats. En 2010, nous avons vécu la même situation, mais après plus personne ne s’est occupé de cela. On a continué de faire la politique politicienne. En 2015, nous avons frôlé la même chose et aujourd’hui ça s’empire. Donc, le dysfonctionnement de la gouvernance électorale est clair et incontestable. La Ceni, pour la première fois, fait un appel aux magistrats au niveau des commissions de centralisation pour leur dire de ne pas outrepasser leurs compétences. C’est quand même gravissime. Si on ne peut pas faire confiance aux magistrats délégués, le processus d’arbitrage est compromis. Ce qui peut amener les populations à douter des mécanismes de régulation des élections. Incidemment, des réactions civiles peuvent s’enchainer. Les rumeurs peuvent prendre le dessus et la violence est déclenchée. Le processus électoral guinéen n’a jamais fait l’unanimité, il faut s’entendre sur ça, pas en période électorale. Nous sommes dans une crise de confiance généralisée dans ce pays. Il y a la pauvreté, le manque d’emploi, d’infrastructures routières, de courant, d’eau, etc. Les citoyens éprouvent un grand malaise. Cette superposition de manque d’infrastructures sociales plus les données ethniques, le repli identitaire qui est devenu le repli sécuritaire, fragilise l’équilibre de ce pays. Il y a un cycle de violences déclenchées depuis 2009 qui n’a pas été complètement enrayé et qui s’aggrave progressivement. Aujourd’hui donc, nous sommes à un tournant auquel il faut faire très attention.














Sous quel angle mettez-vous ces violences ?







































La violence est un phénomène de société. Si la société n’est pas organisée contre la violence, il y aura la violence. Quand il n’y a pas la prévention, il y a forcément la crise. Il n’y a pas la prévention chez nous. Aucune disposition n’est prise pour contrer, empêcher ou dissuader l’instinct de violence. Nous sommes dans une crise de confiance généralisée. Il y a un malaise dans le pays, c’est incontestable, et il faut y remédier. Il n'y a pas de recette miracle. C’est l’Etat qui doit prendre les dispositions, les garde-fous nécessaires pour dissuader le malfaiteur parce que la responsabilité pénale est individuelle. Faudra-t-il qu’on retrouve le malfaiteur et qu’il soit puni. Nous sommes tous interpellés par ce phénomène parce que pour la première fois c’est le soubassement social qui est ébranlé. La coexistence pacifique en Afrique, c’est dans les villages. Aujourd’hui, personne ne connait le malfaiteur, mais on voit le mal qui est fait. Puisque le malfaiteur n’est pas poursuivi et sanctionné, le mal se répète. Il faut que l’ensemble des Guinéens se mobilisent face à la menace de la violence généralisée et qu’on revienne à la raison, et qu’après ces élections communales, qu’on puisse tirer toutes les leçons pour qu’il y ait la paix dans ce pays.





























Vous dites qu’il n’y a pas eu de mesures préventives. A qui la faute?
















C’est clair, il n’y a pas eu de mesures préventives parce qu’il y a la violence. Les mesures préventives, ce sont les dispositions utiles que l’Etat prend en période d’accalmie pour sensibiliser les populations. Ce qui se passe en Guinée aujourd’hui, c’est que chacun pense qu’il a le droit de se faire justice. Chacun pense que les forces de l’ordre c’est pour venir faire la répression. Donc, le rôle social des forces de l’ordre est petit à petit exclu de la compréhension générale. La police et la gendarmerie sont des organes de régulation sociale. (...) Lorsqu’on sort de cela et qu’il y ait une, deux ou trois balles réelles, on est dans un phénomène de guérilla urbaine. Et il faut éviter cela. La justice doit prouver son impartialité, son indépendance et son dynamisme. L’Etat, c’est la séparation des pouvoirs en termes de prévention pour que chaque institution joue son rôle. Notre pays est politisé à l’extrême. Lorsqu’un pays, naturellement composé de 4 régions se politise à l’extrême, ce sont les ethnies qui remplacent l’action politique. Ce qui est dangereux. Nous sommes sur le mauvais chemin. Il faut savoir que l’intégrité physique est à protéger. Vous pouvez ne pas aimer un guinéen de la Basse Guinée, du Fouta, de la Haute Guinée ou de la Forêt, mais vous ne pouvez pas dire qu’il n’est pas guinéen. Moi, je crois que face à cette menace, il faut une vaste campagne de sensibilisation. Il faut un discours politique clair et cohérent. Ce n’est pas le lieu de dire: c’est la faute à l’opposition ou à la mouvance. La violence est pénale. Il faut que la justice prouve son indépendance quel que soit le degré. Si celui qui est fonctionnaire ou celui qui est en uniforme a commis une faute, il faut montrer cela. Ce n’est pas que le travail des Forces de l’ordre: c’est le travail des chefs des quartiers et des chefs de familles. Je pense que la Guinée est très fragile et elle l’est beaucoup plus aujourd’hui. Ne pensons pas que c’est l’affaire du président Alpha Condé seulement ou d’Elhadj Cellou Dalein Diallo, mais c’est notre affaire à tous.




































De plus en plus, les affrontements politiques revêtent des violences communautaires. Peut-on craindre le pire pour la Guinée ?





























La récupération des ethnies à usage politique amène la méfiance, la frustration et l’insécurité. Il faut que l’indépendance de la justice soit affirmée. Lorsque nous ne sommes pas satisfaits, nous devons faire recours à la loi. La véritable crise dans notre pays, c’est la redéfinition du rôle de l’Etat. Le rôle de la justice est une donnée première qu’il faut reprendre. Il ne faut pas laisser les ethnies s’auto-administrer. Il y a un laisser-aller dans ce sens. Lorsque vous écoutez les émissions interactives, c’est ethnique. Le comportement des militants des différents partis politiques est fondamentalement ethnique. Personne ne parle et aucune institution ne s’occupe de cela. Lorsqu’une maladie n’est pas bien suivie, elle devient un cancer. L’ethnocentrisme est un piège dans lequel la Guinée est plongée. C’est l’Etat qui a l’outil nécessaire pour donner l’exemple. Lorsque les gens vont s’attaquer au domicile du leader de l’opposition et que l’Etat ne réagisse pas, le jour où un membre de la mouvance est attaqué ou un représentant de l’Etat, qu’est-ce qu’on va dire?














En tant que directeur exécutif d’African crisis group et président de la Caneg, qu’estce que vous envisagez pour résoudre la crise actuelle?







































Nous ne pouvons faire que la sensibilisation. Ce n’est pas nous qui résolvons les conflits. Ce sont les acteurs au conflit qui résolvent les conflits. Nous allons continuer à faire la sensibilisation. C’est l’Etat qui a les outils et les moyens. Ce que nous faisons en plus c’est de démontrer à l’Etat, s’il le souhaite, les mécanismes qui permettent de sortir de cet engrainage. Il faut des études comparatives pour savoir dans telle situation qu’est-ce qu’il faut faire. J’ai regardé la photographie des mouvements. La réaction est jeune au niveau des gendarmes, au niveau des policiers, tout comme au niveau des manifestants. Thomas Sankara disait que lorsqu’un soldat n’est pas bien formé que c’est un assassin en puissance. Je souhaite qu’après ces élections communales que l’ensemble de la société civile puisse s’intéresser au phénomène de la paix et de la non violence dans notre pays.
















Réalisée par














Abdoul Malick Diallo










 Doc. joint

 

 
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